Posts filed under 'Livres 5 étoiles *****'

Pardonnez nos offenses, de Romain Sardou

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Un thriller médiéval ensorcelant!

 

 

1284.
Les « froidures du Diable » isolent Draguan, petit diocèse du comté de Toulouse, du reste du monde. Romée de Haquin, son évêque, devant le spectacle de la statue de la Vierge brisée par le froid, n’est pas loin de penser qu’une malédiction s’abat sur ses paroisses. Tout a commencé lorsque deux fillettes ont découvert les restes de corps suppliciés dans la rivière…

Mon avis: Ce voyage passionnant au cœur du Moyen Âge n’est pas sans rappeler la mystérieuse atmosphère du Nom de la rose. Pour ma part, j’ai dévoré ce bouquin. Pari osé pour Romain Sardou, que je préfère de loin au papa chanteur, qui s’est lancé dans le médiéval, tandis que bon nombre d’écrivains du moment préfèrent la mode plus vendeuse du roman bobo.
En bref, Sardou nous plonge dans un monde moyenâgeux intrigant, envoûtant, dépaysant..
Un pur moment de plaisir.

Lisez-le!!

Dispo en poche chez Pocket, 7.00€.


3 comments 1 juin, 2007

Matin brun, de Franck Pavloff

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Ce n’est pas un livre, juste une nouvelle, et encore, une très courte nouvelle. Onze pages seulement, mais parfois il n’est pas besoin de faire long pour transmettre un message et donner quelques instants de plaisir… et de réflexion.

Car cette histoire est de celles qui, au-delà d’un simple récit, posent des questions.

L’histoire: Charlie et son copain vivent une époque trouble, celle de la montée d’un régime politique extrême: L’Etat brun.

Dans la vie, ils vont d’une façon bien ordinaire: entre bière et belote. Ni des héros ni des purs salauds. Simplement, pour éviter les ennuis, ils détournent les yeux.

Sait-on assez où risquent de nous mener collectivement les petites lâchetés de chacun d’entre nous?

Mon avis: Dans l’Etat brun, la surpopulation canine pose problème. La solution est simple: Désormais, seuls les chiens de couleur brune sont tolérés, les autres doivent être exterminés.

Il s’agit là d’une parabole, une évocation évidente du nazisme et de ses interdits, mais aussi de ces quidams qui, par leurs petites lâchetés, n’ont pas voulu en voir les dangers.

La Fontaine avait bien compris l’impact que peuvent avoir les courtes fables au ton innocent; Franck Pavloff nous en livre une puissante et efficace, faite de ces petites phrases qui dévoilent peu à peu l’absurdité des hommes.

A lire d’urgence!

NB: Matin brun est disponible aux Editions Cheyne pour 1€.

Pour la petite histoire, cette nouvelle, éditée en 1998, avait déjà connu un petit succès. Petit succès qui est devenu véritable phénomène après le 21 avril 2002. Pas étonnant. A diffuser largement, donc!

Ah oui! Si vous l’avez lu, j’espère vos avis.. Je sais que certains considèrent Pavloff comme un banal écrivain qui a su surfer sur la vague du politiquement correct et sur un thème très vendeur pour tous les bien-pensants que nous sommes. Ca n’est pas mon avis, mais on peut toujours en discuter. D’ailleurs, aucune envie de pondre un texte lucratif chez Pavloff: il a renoncé à ses droits d’auteurs..

Pour plus d’infos, voir l’article du Monde du 7 mars 2003.


5 comments 1 juin, 2007

Cul-de-sac, de Douglas Kennedy

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MAGNIFIQUE!!

L’histoire: Un américain décide sur un coup de tête de tout quitter pour aller vadrouiller dans le bush australien, histoire de mettre enfin un peu de piment à sa vie bien rangée et sans histoires. Il achète une camionnette puis part à l’aventure dans le désert australien en pleine nuit. Pourtant, on l’en avait bien dissuadé, à raison, du reste. En effet, l’inimaginable (enfin pour les non-Australiens) se produit: un kangourou se rue sur son véhicule. Le voilà légèrement blessé, dans une camionnette en sale état, avec le désert à perte de vue et le prochain resto à 300 km. Et ce n’est, excusez-moi du terme, que le début des emmerdes.

Mon avis: Un roman haletant, très original, une intrigue surprenante, dépaysante, et un ton et une écriture franchement singuliers. Certaines scènes sont aussi hilarantes que d’autres sont angoissantes. A conseiller vivement; pour ma part ce roman a fait partie de mes cadeaux de noël, pour que d’autres découvrent cet auteur assez décalé. J’attends impatiemment de lire Une relation dangereuse dont on m’a dit beaucoup de bien.

Lancez-vous! Ce bijou se dévore, si si, mais évitez les steacks de kangourous tout de même!

Dispo en poche chez Folio Policier, 6.00€.


4 comments 31 mai, 2007

Fahrenheit 451, de Ray Bradbury

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451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s’enflamme et se consume.

Amateurs de science-fiction bardée de lasers et de vaisseaux intergalactiques, passez votre chemin. Réfractaires de principe à la SF, comme j’ai pu l’être, attendez donc un peu. Ce livre est le petit bijou qui vous fera changer d’avis.

L’histoire: Ray Bradbury nous présente une société à venir, dans laquelle la lecture, source de connaissance, de questionnement et de réflexion est désormais considérée comme un acte antisocial. Les pompiers traquent les anticonformistes et brûlent tous les livres existant encore et dont la détention est interdite pour le bien collectif.
Montag, l’un des pompiers pyromanes, se met pourtant à rêver d’un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l’imaginaire au profit d’un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, pourchassé par une société qui désavoue son passé.

Mon avis: Dans cette société, tout le monde regarde inlassablement la télévision, tout le monde suit l’avis commun, personne ne réfléchit, tout le monde dénonce ceux jugés en dehors de la ligne de pensée correcte.
Drôle d’ironie, ce bouquin qui se voulait d’anticipation dans les années 50 se retrouve aujourd’hui curieusement proche de la réalité.
Bradbury porte un regard visionnaire sur la technologie, la société et l’évolution des mentalités. La télévision rentre dans les chaumières et Bradbury parle déjà d’écrans géants sur les murs, d’écouteurs dans les oreilles; les programmes télévisés sont absurdes et abrutissants, bref, singulièrement semblables aux nôtres. Le livre traite de l’individualisme, du manque de communication entre individus (les contacts se font souvent par l’intermédiaire de ces écrans géants).
Avec une subtilité et une justesse sidérantes, le futur décrit par Bradbury est troublant, car si proche de notre quotidien, où l’individu est broyé par la société, abruti et jeté dans une surenchère de loisirs idiots et de plaisirs violents.

 

Quelques extraits:

“Je bazarde les enfants à l’école neuf jours sur dix . Je n’ai à les supporter que trois jours par mois à la maison ; ce n’est pas la mer à boire. On les fourre dans le salon et on appuie sur le bouton. C’est comme une lessive ; on enfourne le linge dans la machine et on claque le couvercle.”

“Ce que vous recherchez, Montag, se trouve dans le monde, mais le seul moyen, pour l’homme de la rue, d’en connaître quatre-vingt-dix-neuf pour cent, ce sont les livres. Ne demandez pas de garanties. Et n’attendez pas le salut d’une seule source, individu, machine ou bibliothèque. Contribuez à votre propre sauvetage, et si vous vous noyez, au moins mourez en sachant que vous vous dirigez vers le rivage.”

Fahrenheit 451 est un roman de science-fiction conceptuelle. Il nous pousse à une vraie réflexion sur la liberté d’expression, les dérives auroritaires de notre société, l’endoctrinement (télévisuel notamment), le conformisme. C’est un régal qui fait froid dans le dos. Une mise en garde contre le cynisme du temps, l’uniformisation et la pauvreté intellectuelle du “mass media”.

Inversion des valeurs (les pompiers mettent le feu), abrutissement des masses par la consommation, démocratie bidon, chasse aux “subversifs”, révocation des profs dont l’enseignement dérange, discours uniformisé par le biais de la télévision… Bradbury avait vu juste. Son cauchemar tend à devenir notre réalité.

Mais, au-delà de cet aspect, qui à lui seul justifie la nécessité de lire ce livre, il faut dire aussi que Bradbury écrit remarquablement, sait nous tenir en haleine et nous passionner jusqu’au bout!

Vous voilà convaincus?


Fahrenheit 451, de Ray Bradbury. 1953
Disponible en poche chez Folio SF, 4.60€.
Porté à l’écran par François Truffaut en 1966.


2 comments 31 mai, 2007

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