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Dans les bois éternels, de Fred Vargas

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Deux malfrats assassinés à Paris.

Des cerfs éventrés en Normandie.

Une ombre errant dans les cimetières.

Si, si, il existe bien un lien entre tout cela, une explication, judicieusement trouvée.

Une fois encore, Fred Vargas ne m’a pas déçue. Les dernières aventures du Commissaire Adamsberg et de sa brigade m’ont autant passionnée que celles de Pars vite et reviens tard (l’intrigue de L’homme aux cercles bleus m’avait moins convaincue, un peu trop tirée par les cheveux à mon goût).

À nouveau, l’auteur écrit merveilleusement, décrivant ses personnages avec générosité. Des personnages entiers, décalés, bourrés de défauts, mais terriblement attachants. Adamsberg est un commissaire aux méthodes anticonformistes; Danglard son fidèle acolyte accro à la bouteille mais terriblement érudit; Veyrenc, nouveau venu mystérieux et fragile à la fois, dont la particularité est parler en vers de douze pieds…

Il faut le dire, Fred Vargas m’a eue. Comme dans tout policier, on cherche le coupable. Et je ne l’ai pas vu venir, celui-là.

L’auteur s’est permise toutes les audaces, tous les détours, à tel point que je me suis maintes fois demandée si elle parviendrait à faire retomber l’intrigue sur ses pieds. Eh bien, oui.

Dorénavant, Fred Vargas fait partie de mes valeurs sûres.

Extrait:

Calé sur une banquette usée avec une bière, le commissaire examinait le groupe qui venait d’investir bruyamment la salle, l’arrachant à un demi-sommeil.

- Veux-tu que je te dise? demanda un grand homme blond en repoussant sa casquette d’un coup de pouce.

Que l’autre le veuille ou non, pensa Adamsberg, il le dirait.

- Des trucs comme cela, veux-tu que je te dise? répéta l’homme.

- Cela donne soif.

- Exactement, Robert, approuva son voisin en emplissant les six verres d’un geste ample.

Donc, le grand blond taillé comme une bûche s’appelait Robert. Et il avait soif. Le temps de l’apéritif commençait, têtes rentrées dans les épaules, bras fermés autour des verres, mentons offensifs. L’heure du rassemblement majestueux des hommes quand sonne l’angélus du village, l’heure des sentences et des hochements de tête, l’heure de la rhétorique rurale, auguste et dérisoire. Adamsberg la savait sur le bout des doigts. Il était né dans son refrain, avait grandi dans sa musique solennelle, il connaissait son rythme et ses thèmes, ses variations et contrepoints, il connaissait ses protagonistes. Robert venait de donner le premier coup d’archet, et chaque instrument se mettait aussitôt en place selon un ordre immuable.

- Et je vais te dire mieux, annonça l’homme à sa gauche. Cela ne donne pas seulement soif. Cela donne le tournis.

- Exactement.

Adamsberg tourna la tête pour mieux voir celui qui avait la charge humble mais nécessaire de ponctuer, comme par un coup de basse, chaque tournant de la conversation. Petit et maigre, c’était le plus faible d’entre eux. Comme de juste, et ici comme ailleurs.

- Celui qui a fait ça, énonça un grand voûté en bout de table, ce n’est pas un homme.

- C’est une bête.

- Pire qu’une bête.

- Exactement.

Introduction du thème. Adamsberg, sortit son carnet, encore gondolé par l’humidité, et entreprit de dessiner les visages de chacun des acteurs. Têtes de Normands, à n’en pas douter.

[...]

- Pour moi, reprit Robert, c’est un jeune. Un obsédé.

- Un obsédé, c’est pas forcément jeune.

Contrepoint, lancé par le plus vieux de tous, celui qui tenait le haut bout de la table. Les visages se tournèrent, passionnés, vers l’aïeul.

- Parce qu’un jeune obsédé, quand ça vieillit, cela donne un vieil obsédé.

- Ça se discute, grogna Robert.

Robert avait donc le rôle difficile, mais indispensable, du contradicteur de l’aïeul.

- Ça ne se discute pas, répliqua le vieux. Mais ce qui est vrai, c’est que celui a fait ça, c’est un obsédé.

- Un sauvage.

- Exactement.

[...]

challengeabc.gif 1er livre lu pour le Challenge ABC 2008.

Dans les bois éternels de Fred Vargas, Editions Viviane Hamy, 2006. 18€.

 

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur l’auteur, je vous invite à lire ce très intéressant papier du magazine Lire, publié en avril dernier.

Mise en bouche :

fred-vargas.jpgUn beau jour, pourtant, Fred rentre à la maison un manuscrit sous le bras. «Tu as écrit une connerie?» interroge ce père qui méprise la Série noire. «Oui», répond-elle avec sa franchise habituelle. La «connerie» s’appelle Les jeux de l’amour et de la mort, une histoire de meurtre dans les milieux de la peinture. Poussée par une amie, elle va le présenter au Festival du film policier de Cognac, en 1986. Miracle, il décroche le prix du roman policier. La récompense lui est remise sur scène par Léo Malet et Andréa Ferréol. «Allez, il faut dire un petit mot», lui souffle le père de Nestor Burma. Pétrifiée de timidité, littéralement soutenue par les épaules, d’un côté par Ferréol, de l’autre par Malet, Fred aperçoit, au premier rang, Robert Mitchum, invité d’honneur du Festival. Le grand «Mitch», son idole. Celui dont elle collectionne même les mauvais films. Alors, elle se lance: «Eh bien, s’il suffit de signer un roman policier pour voir Robert Mitchum en vrai, je crois que je vais en écrire une douzaine…»


Add comment 23 janvier, 2008

Leur histoire, de Dominique Mainard

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“Anna a six ans. Elle n’a jamais parlé. Une crainte étrange court tel un fil dans sa famille depuis trois générations, la crainte que les mots ne soient “des traîtres, des voleurs”, une menace insidieuse capable de vous ôter le vie et l’amour des êtres qui vous sont chers.

Nadèjda, sa mère - la narratrice - a refusé d’apprendre à lire et à écrire. A l’âge d’Anna, elle a insisté impuissante à la mort de sa grand-mère, provoquée, s’est-elle imaginée, par l’un des mots du conte que la vieille femme lui lisait alors…”

(Extrait de la 4è de couverture)

Un véritable bonheur. Ce livre est un gros coup de coeur, un coup de poing, tant il m’a saisie, émue, émerveillée.

Les mots sont de la dentelle, les phrases sculptées, tout est fragilité et douceur, mais une douceur parfois acide tout de même.

Ce roman est un conte, il touche sans être larmoyant, il est tout en finesse. Le thème (le poids de l’histoire familiale, l’illettrisme, la différence, l’amour d’une mère pour son enfant, leur solitude, l’angoisse maternelle…) est délicat, et l’écriture est délicatesse.

Une chose est sûre: J’ai refermé ce livre toute retournée, heureuse mais bouleversée: Il m’a fait toucher le sublime.

“Puis le temps a passé. J’ai oublié, l’album, les cartes postales, la pliure du papier, l’ongle qui meurtrit le grain de la feuille. J’ai presque oublié Baba la Douce et mon grand-père qui avait réchauffé les poules rousses sous son pardessus contre sa poitrine et qui conduisait sa bicyclette avec une délicatesse infinie, les bras tendus, maniant le guidon du bout des doigts de crainte de faire mal aux poules, c’était cela disait-on qui avait attiré l’attention des hommes en armes, intrigués par façon dont il pédalait sur sa bicyclette, c’était cela, c’était la gentillesse naturelle de mon grand-père.”

 

Leur histoire de Dominique Mainard, 2002 (Prix Fnac, Prix Alain Fournier).

Editions Joëlle Losfeld, 183 pages, 8.50€ (pour l’édition 2006).

Alain Corneau a réalisé une adaptation cinématographique de Leur histoire: Les Mots bleus, sorti en 2005.


5 comments 4 décembre, 2007

Ensemble c’est tout, d’Anna Gavalda

 

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C’est drôle, il y a des moments où tous les livres me font réagir.

Je suis enthousiaste, ou énervée, lassée, prise par la mélodie, agacée par le style, sur ma faim ou enjouée par l’histoire qui m’est contée, déçue, ravie ou dubitative… Mais je réagis. Et là, depuis quelques temps, pfffff………… plus rien.

Plus rien depuis Ensemble c’est tout. Je l’ai lu il y a deux ou trois mois. Ben oui je sais, je vis dans ma bulle, j’étais jusque là passée à côté. J’ai enfin saisi l’occasion quand j’ai trouvé cette petite merveille en édition Le Dilettante, à prix dérisoire.. Elles sont si jolies ces petites craies que je m’étais toujours refusée à acheter la version poche, mmmm comme c’est futile!

Toute fière de mon acquisition, je lis donc ce livre, faisant l’unanimité de - presque tous - et, j’avoue, je suis une quidam guère originale… Je le dévore. Et j’aime tant, que je me refuse alors à en parler ici, ça ne vaut pas la peine, je ne trouverai pas les bons mots, et j’ai trop peur d’écorcher cette merveille avec mes gros sabots. Je me dis, celui-là Lilie, garde-le pour toi. Tu critiqueras les prochains, ne l’abîme pas celui-là.

Ben oui, et depuis, je lis à droite à gauche et je n’ai plus trop envie de raconter mes impressions. Presque trois mois sans rien dire.. Je pense que je n’ai pas choisi les bons livres, mais tout de même, c’est étrange..

Je ne raconterai pas ce livre, d’autres l’ont déjà fait d’une bien jolie façon. Je dirai juste que, s’il est souvent dit que Vian a sa musique, Gavalda en a elle aussi une bien belle, toute simple et toute légère, mais de celles qui nous manque drôlement une fois que l’on a refermé ce tout petit roman de 600 pages.. Allez voilà, c’est dit, maintenant je vais peut-être retrouver l’envie de parler des autres..

Tout de même cette histoire, c’est assez perturbant.

 

Les autres avis:

Celui de Bernard, de l’excellent Blog des livres

Celui de So, dans La conjuration des livres


4 comments 14 septembre, 2007

Les fleurs du mal, de Charles Baudelaire

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Baudelaire est le premier poète à m’avoir fait aimer la poésie, et, bien qu’ayant essayé depuis de me frotter à nombres d’autres auteurs, j’y suis toujours revenue. Pas de mièvrerie, que du beau. “Remords posthumes” est tout simplement magnifique. Si vous êtes réfractaire à la poésie, si pour vous ce mot est synonyme d’eau de rose, essayez Baudelaire et vous réviserez votre copie.

Remords posthumes

Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse,
Au fond d’un monument construit en marbre noir,
Et lorsque tu n’auras pour alcôve et manoir
Qu’un caveau pluvieux et qu’une fosse creuse ;

Quand la pierre, opprimant ta poitrine peureuse
Et tes flancs qu’assouplit un charmant nonchaloir,
Empêchera ton coeur de battre et de vouloir,
Et tes pieds de courir leur course aventureuse,

Le tombeau, confident de mon rêve infini
(Car le tombeau toujours comprendra le poète),
Durant ces grandes nuits d’où le somme est banni,

Te dira : ” Que vous sert, courtisane imparfaite,
De n’avoir pas connu ce que pleurent les morts ? “
- Et le ver rongera ta peau comme un remords.

Charles Baudelaire

 

Le poème “Remords posthumes” a été publié dans le recueil Les fleurs du mal en 1861.

Ce recueil est parfaitement organisé, on y trace la quête d’un homme qui cherche à sortir du spleen (l’ennui, la souffrance). Il essaie d’abord de trouver un idéal, mais celui-ci est toujours éphémère, volatile. Il essaie donc la débauche, puis se révolte. Finalement, la seule issue sera la Mort. En plus de nous offir un recueil magnifique, Baudelaire révolutionne la poésie! Ainsi le sujet ne compte plus, un sujet laid ou amoral devient beau par le langage et le pouvoir du poète. On retrouve cette alchimie dans le titre Les Fleurs du Mal (ou extraire la beauté du mal). C’est notament visible dans “La Charogne”. Ce poème est tout simplement majestueux: faire une oeuvre aussi belle sur un sujet aussi indécent est prodigieux et tout à fait inédit à l’époque.
Révolution aussi, dans le sens où Baudelaire reprend la sensibilité de la poésie romantique, mais lui donne ce qui lui manque, une perfection formelle.
Révolution enfin par un nouveau système d’écriture, les correspondances. C’est par les figures d’analogie que Baudelaire écrit (tout à fait visible dans le poème “La Chevelure”): Un objet, une chose éveille une sensation qui en rappelle une autre, puis une autre… magnifique!
Baudelaire, c’est le début de la poésie moderne, Hugo l’avait deviné, Verlaine, Rimbaud et Apollinaire sont ses héritiers.

 

Disponible en poche chez LGF à 3.00€.


1 comment 10 juin, 2007

SOS Bonheur, de Van Hamme et Griffo

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Autant parler franchement, je n’y connais rien en BD. J’ai bien lu tous les Tintin, Astérix et autres Boule et Bill quand j’étais jeune (et je les relirais avec plaisir), mais à part ça, pas grand chose. Oh si, je me souviens d’une super BD pour minettes adolescentes: Julie, Claire et Cécile, dont j’avais emprunté tous les tomes à la bibliothèque parce qu’elle faisait rêver la demoiselle désespérément à la recherche de petits flirts que j’étais. Pour être sincère, je crois bien que celle-là aussi je la relirais avec plaisir.

Mais depuis plusieurs années, je m’étais complètement désintéressée de la BD. Il faut dire que c’est un univers dans lequel on ne se plonge pas facilement, bien qu’il soit extrêment riche et varié. Non, il faut un petit coup de pouce, sinon on ne sait pas où donner de la tête. Et puis les célèbres XIII et autres (autres quoi? Merde, rien ne vient à l’esprit, décidément je suis vraiment inculte..) ne me tentaient pas vraiment. Du coup je ne me suis jamais vraiment demandée s’il existait des bandes dessinées susceptibles de me plaire. Et puis un beau jour le coup de pouce arrive, en la personne de Rozenn (je te remercie Rozenn) qui, elle, est connaisseuse et me choisit dans sa bédéthèque quelques unes de ses préférées. Un choix assez varié d’ailleurs, entre policiers, histoires de fugitifs sous fond de Seconde Guerre Mondiale et aventures amazoniennes… Je les ai toutes aimées, particulièrement SOS Bonheur (C’était donc là où je voulais en venir).

 

L ‘histoire (je pique la 4è de couverture, désolée de ne pas faire preuve de plus de créativité):medium_sos_bonheur_2.2.jpg

 

“Tout fonctionne à merveille. L’État providence veille sur le bonheur de chacun de nous. Bonheur officiel. Bonheur programmé. Comme toujours, Louis aurait pu feindre d’ignorer la réalité des déregs, ces rebelles systématiquement déregistrés du Grand Fichier Central et condamnés à la mort civile. Comme toujours, il aurait pu fermer les yeux sur l’existence des illegs, ces gosses nés illégalement depuis la loi sur la limitation des naissances. Seulement voilà, après trente-cinq ans de trop loyaux services dans la police, il prend à Louis l’envie de redresser la tête et de voir enfin la réalité en face. Et quand Johnny, un illegs, glisse sa petite menotte dans sa grosse paluche, il se laisse guider, sans hâte, à travers le miroir de ses illusions. De nos illusions.”

 

Mon avis: Une histoire comme je les aime, celle d’un état qui contrôle tout, et qui pose la question de la relation entre bonheur et liberté.. Un peu comme dans Fahrenheit 451 de Bradbury ou encore de Globalia de Rufin. Ca fait réfléchir, et puis un peu flipper aussi, comme dans toutes ces fictions pas si fictionnelles que ça (enfin, je me comprends).

Pour ne rien gâcher, le coup de crayon de Griffo est remarquable, réaliste, le dessin n’est ni trop saturé ni trop simple (là aussi je me comprends, c’est déjà ça).

“SOS Bonheur” est dispo en version intégrale (celle que j’ai lue, qui regroupe trois tomes édités auparavant) chez Dupuis au prix de 24.50€ (Ben oui, les BD coûtent cher, et celle-ci est longue).

Si vous avez d’autres BD à conseiller à la novice que je suis, je suis toute ouïe..


1 comment 1 juin, 2007

J’irai cracher sur vos tombes, de Boris Vian

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En farfouillant à droite à gauche, on s’aperçoit vite que ce roman crée bien des polémiques. Je vous jette pêle-mêle quelques opinions de lecteurs:

 

“Un de ces petits chefs-d’oeuvre comme je les aime, c’est-à-dire qui allient intelligence, provocation et sens de l’humour.”

“Tristement vulgaire et franchement sans intéret”

“Loin d’être un sommet de l’art”

“Ce livre plaît car il percute, il harponne notre conscience”

“Percutant. C’est le seul mot que j’ai trouvé pour décrire l’effet que m’a fait ce livre.”

 

L’histoire: Un bibliothécaire s”installe dans une petite ville des Etats-Unis. Petit à petit, de par ses offrandes alcoolisées, il parvient à devenir le play-boy du coin. Ensuite, il passe vite aux petites bourgeoises…pourquoi les séduit-il? Par envie sexuelle, oui certainement… mais il cache aussi un lourd secret, que je vous laisse découvrir…

Que vous aimiez ou que vous détestiez, une chose est sûre: ce petit bouquin là ne vous laissera pas indifférent.

J’irai cracher sur vos tombes a été publié sous le nom de Vernon Sullivan: Boris Vian a inventé ce personnage car certains de ses écrits étaient et sont toujours trop sulfureux, c’est le cas de ce roman. C’est un roman maudit, qui a empoisonné la vie de l’auteur, en lui collant sur le dos un procès qui l’épuisera physiquement et mentalement. Il dérange encore aujourd’hui, imaginez donc son impact dans l’après-guerre encore puritaine. Ecrit à la suite d’un pari en 1946, ce pastiche de roman noir américain, best-seller, fut jugé à l’époque immoral et pornographique, ce qui amena d’ailleurs son interdiction en 1949 et la condamnation de Vian pour outrage aux bonnes moeurs. Violence, sadisme, pédophilie, le bouquin est à la fois choquant, brutal et dérangeant. Pour ma part, je l’ai trouvé foudroyant et terriblement efficace. Il met mal à l’aise. Il sort des sentiers battus. D’un style que vous ne retrouverez que chez Boris Vian.
J’ai adoré. Mais je peux comprendre qu’on le déteste.

J’irai cracher sur vos tombes est disponible en poche chez LGF au prix de 5.00€.


1 comment 1 juin, 2007

Pars vite et reviens tard, de Fred Vargas

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Voilà, je viens de terminer “Pars vite et reviens tard”, mon premier Vargas, et je n’ai pas du tout été déçue!

 

L’histoire: Joss Le guern est crieur: une vieille profession qu’il a remise au goût du jour en clamant sur la place publique des messages aussi variés que farfelus contre quelques pièces. Mais depuis quelques temps, parmi les missives glissées dans son urne s’en trouvent cetaines pour le moins incompréhensibles et de plus en plus inquiétantes.
Le commissaire Adamsberg est quant à lui chargé d’une affaire tout aussi étrange: Chaque jour, un inconnu peint de grands 4 noirs inversés sur les portes d’immeubles parisiens. Oeuvre d’un illuminé ou menace? Une chose retient particulièrement l’attention du commissaire: Dans chacun de ces immeubles, toutes les portes ont été marquées, à l’exception d’une seule.

Mon avis: Nous voilà plongés dans une aventure palpitante et pour le moins originale. On suit avec plaisir les doutes et intuitions d’Adamsberg et de son adjoint Danglard, aux personnalités radicalement différentes mais profondément attachantes. On découvre peu à peu le pourquoi de ces évènements étranges, et on touche un peu à notre histoire collective (Vargas est archéologue et spécialiste du Moyen-Age, elle nous en fait profiter dans son roman mais chuuuuut! Je ne vous en dis pas plus, je ne veux pas vous mettre la puce à l’oreille!) L’intrigue est complexe mais passionnante, d’autant plus que Vargas possède un véritable talent d’écriture. Je suis impatiente de découvrir d’autres aventures d’Adamsberg, qu’elle relate depuis “L’homme aux cercles bleus” (1996).

“Pars vite et reviens tard” est dispo en poche chez J’ai Lu au prix de 6.70€.

L’adaptation du bouquin est sorti le 24 janvier 2007, avec José Garcia dans le rôle du commissaire Adamsberg.


8 comments 1 juin, 2007

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