Matin brun, de Franck Pavloff
Ce n’est pas un livre, juste une nouvelle, et encore, une très courte nouvelle. Onze pages seulement, mais parfois il n’est pas besoin de faire long pour transmettre un message et donner quelques instants de plaisir… et de réflexion.
Car cette histoire est de celles qui, au-delà d’un simple récit, posent des questions.
L’histoire: Charlie et son copain vivent une époque trouble, celle de la montée d’un régime politique extrême: L’Etat brun.
Dans la vie, ils vont d’une façon bien ordinaire: entre bière et belote. Ni des héros ni des purs salauds. Simplement, pour éviter les ennuis, ils détournent les yeux.
Sait-on assez où risquent de nous mener collectivement les petites lâchetés de chacun d’entre nous?
Mon avis: Dans l’Etat brun, la surpopulation canine pose problème. La solution est simple: Désormais, seuls les chiens de couleur brune sont tolérés, les autres doivent être exterminés.
Il s’agit là d’une parabole, une évocation évidente du nazisme et de ses interdits, mais aussi de ces quidams qui, par leurs petites lâchetés, n’ont pas voulu en voir les dangers.
La Fontaine avait bien compris l’impact que peuvent avoir les courtes fables au ton innocent; Franck Pavloff nous en livre une puissante et efficace, faite de ces petites phrases qui dévoilent peu à peu l’absurdité des hommes.
A lire d’urgence!
NB: Matin brun est disponible aux Editions Cheyne pour 1€.
Pour la petite histoire, cette nouvelle, éditée en 1998, avait déjà connu un petit succès. Petit succès qui est devenu véritable phénomène après le 21 avril 2002. Pas étonnant. A diffuser largement, donc!
Ah oui! Si vous l’avez lu, j’espère vos avis.. Je sais que certains considèrent Pavloff comme un banal écrivain qui a su surfer sur la vague du politiquement correct et sur un thème très vendeur pour tous les bien-pensants que nous sommes. Ca n’est pas mon avis, mais on peut toujours en discuter. D’ailleurs, aucune envie de pondre un texte lucratif chez Pavloff: il a renoncé à ses droits d’auteurs..
Pour plus d’infos, voir l’article du Monde du 7 mars 2003.
5 comments 1 juin, 2007
