Cosmétique de l’ennemi, d’Amélie Nothomb
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Alors voilà, je m’en veux un petit peu: Amélie Nothomb, je t’aime bien dans le fond. Et puisque je t’ai fustigée dans ma première critique (Mais Robert des noms propres n’est franchement pas un bon livre, je le maintiens!), je tiens à faire réparation en parlant d’un bouquin qui lui m’a assez plu. Peut-être est-ce parce que c’est le premier Nothomb que j’ai lu, et que son style particulier a fait mouche.
L’histoire: Coincé dans un aéroport alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour Barcelone, l’homme d’affaires Jérôme Angust se voit contraint de supporter, en plus du retard de son avion, la logorrhée d’un étrange individu, bien décidé à lui imposer le récit de sa vie. Qui est donc ce Textor Texel qui le harcèle ? Pourquoi ce raseur a-t-il jeté son dévolu sur lui ? Le dialogue s’engage pourtant entre l’importun et sa victime, vif, alerte, ponctué de réparties cinglantes, prenant les allures d’une joute de haute tenue, et dévoile la passé trouble de Textor, en même temps que le malaise croissant de Jérôme. Car il se sent cerné, l’homme d’affaires irréprochable, par cet étranger qui semble si bien connaître les tréfonds de sa conscience et dont les crimes font douloureusement écho à un passé qu’il croyait enterré. Étranger, cet ennemi ? Pas tant que ça…
Mon avis: Nothomb aborde brillament le thème du déni et le culpabilité sous-jacente. Le roman se lit vite, très vite, il est la fois effrayant et drôle, noir et fascinant. J’ai aimé l’exercice de style, cette sorte de dialogue en huis-clos, et l’interrogation croissante du lecteur jusqu’à la chute.
Si je conseille ce bouquin, je suis néanmoins curieuse d’autres opinions, car parmi les échos que j’en ai eu il porte à controverse (notamment à propos du dénouement de l’histoire, que j’ai aimé, et que d’autres ont trouvé trop facile).
Le livre est dispo en poche chez LGF à 4.00€.
6 comments 1 juin, 2007
