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Jouer juste, de François Bégaudeau

Un fond de tiroir: petit billet que j’ai retrouvé, écrit il y a plusieurs mois.


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Avant d’entamer Jouer juste, je connaissais vaguement François Bégaudeau, qui est un bonhomme très occupé: son livre Entre les murs, un roman proche du réel sur les méandres d’un professeur de français (ce qu’il est) dans sa classe collégienne, avait provoqué pas mal de remous dans l’intelligencia de la sacro-sainte Education Nationale. Il est aussi chroniqueur à La matinale de Canal+ (la seule émission qui m’ait donnée envie de me lever le matin d’ailleurs).

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Mais revenons à nos moutons. J’avais trouvé “Jouer juste” dans une petite bouquinerie d’occasion. C’est ma seule satisfaction: Ne pas avoir dépensé trop de mes petits sous pour ce livre.

 

L’histoire: Nous sommes dans les vestiaires d’une équipe de foot lors d’une finale européenne. La prolongation va se jouer, il s’agit de ne pas la rater. L’entraîneur harangue ses troupes. Son credo : il faut jouer juste. Mais qu’est-ce qu’être ” juste ” ?

Mon avis: Et nous voilà partis pour un long monologue de l’entraîneur. Il n’y a que ça: son monologue (Allez-y les gars!!), pas de réplique, pas d’intervention du narrateur, rien que le monologue. On ouvre les guillemets et on ne les referme plus. Le coach se perd, il cause, il cause, il s’éloigne de temps en temps du sujet pour raconter sa vie sentimentale, puis il revient au foot en passant par des réflexions plus ou moins philosophiques (”Selon nous l’infini est dans la passe “). La justesse est une philosophie de l’existence, une morale à laquelle il faut se tenir coûte que coûte. Ben voyons…

Apparemment ce bouquin a eu un grand succès critique. Eh bien pas chez moi: Pour dire vrai, c’est un des rares livres que je n’ai pas eu le courage de terminer. Arrivée à la page 70, force était de constater que le monologue irait jusqu’au bout du bouquin, et qu’il n’y aurait sûrement rien d’autre (pour ceux qui savent, dites-moi si j’ai tort). Et on s’énerve: “Mais elle est longue ta prolongation! C’est pas crédible du tout ça!!!)

Vous me direz, quelle idée aussi d’aller lire un bouquin sur le foot… L’innovation n’est pas toujours rentable!

Ce livre est tout ce que j’aborrhe. C’est une triste tendance pour les nouveaux écrivains de mélanger les genres: les romans qui se veulent être de la matière à penser. Comme le dit la critique de la revue Le matricule des anges: “Que l’écrivain abandonne ses jongleries et mouille un peu plus le maillot.”

Ainsi soit-il.


Add comment 2 novembre, 2007


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