Casse-pipe de Louis-Ferdinand Céline

27 décembre, 2007

celine-casse-pipe.jpg

 

Louis-Ferdinand Céline inaugure tristement la catégorie des livres abandonnés.

Je n’avais jamais lu cet auteur, et ayant prévu de lire Voyage au bout de la nuit pour le challenge ABC 2008, je m’étais décidée à une petite mise en bouche avec Casse-pipe, très court roman autobiographique. Céline y raconte sa première nuit en caserne à Rambouillet au 12e Cuirassiers, le 3 octobre 1912. Il a alors 18 ans.

J’avais entendu parler du style si particulier de Céline, j’étais prévenue. Et comme j’aime lorsque l’écriture de l’auteur sort des sentiers battus, j’étais intriguée et impatiente.

Oui, d’accord, mais là, c’est trop. Céline écrit comme il parle, ou plutôt comme les soldats de la caserne parlent. Et ils parlent mal. Il m’a fallu trop de concentration pour atteindre la quarantième page, je butais sur chaque phrase, chaque mot, si bien que j’avais du mal à me plonger dans cet univers. Et puis, il faut bien le dire, l’histoire d’un soldat dans sa caserne ne me passionne pas d’avance.

Pour autant, je suis certaine que ce roman ravira certains, c’est juste qu’il n’est pas pour moi.

Bref, pas la peine de se faire mal, j’ai posé le bouquin et je n’y ai plus touché. Ce n’était peut-être pas le bon moment. En tout cas ça m’a fait l’effet d’une douche froide et c’est avec beaucoup moins d’enthousiasme que j’entamerai Voyage au bout de la nuit. J’espère que l’impression sera différente.

Extrait :

Ah Le Meheu mon arsouille ! Vous me la payerez la plaisanterie ! Toute la farce ! Vous y coupez pas ! Pardon ! Tourniquet ! Je vais vous la rendre la mémoire, mon cœur ! Plein comme une outre ! Voilà le gradé que je supporte ! Vous vous expliquerez au Conseil ! Ils vous comprendront tout de suite ! Ah ! il a perdu la cervelle ! Ah ! Il a plus sa mémoire ! Je vais vous en rajuster une autre ! Extra garantie fin de vos goûts ! Une en peau de vache, vous m’entendez ! Imperméable aux courants d’air ! Saloperie criminelle ! Des souvenirs grands comme ça ! Mais oui !
Il lui montrait les dimensions fantastiques, effrayantes, immenses…
Les hommes de garde ils parlaient plus. Ils s’étaient retassés dans le bas-flanc, avachis les uns dans les autres, écroulés encore un bon coup, sonnés mat par le sommeil.
Y en avait plus que pour le Rancotte et sa fulminance.

 

Entry Filed under: CELINE Louis-Ferdinand, France et pays francophones, Litt. contemporaine, Livres abandonnés. .

5 Comments Add your own

  • 1. Dominique Boudou  |  2 janvier, 2008 at 10:34

    Ecrire comme on parle ! Rien n’est plus dur. Et puis c’est un trompe l’oreille. Les soldats ne parlent pas comme ça.

  • 2. freude  |  2 janvier, 2008 at 11:35

    Céline était l’auteur favori de mon père qui pouvait réciter de mémoire de long passage de Voyage au bout de la nuit.
    Je n’ai jamais pu aller plus loin que quelques dizaines de pages moi non plus, je ne sais pas pourquoi, je n’accroche et je n’arrive pas à me forcer…

  • 3. Lilie  |  7 janvier, 2008 at 12:13

    @ Freude : En tout cas ma première approche ne m’a pas du tout emballée, mais j’espère que Voyage au bout de la nuit me plaira plus (surtout qu’il faut que je lise puisque je l’ai choisi pour le challenge ABC)

  • 4. Nanne  |  14 janvier, 2008 at 10:24

    Bonsoir Lilie, je viens de découvrir ton blog via le Challenge 2008 et ton billet concernant Céline en me promenant sur ton site de livres très intéressant. Je comprends très bien ta réaction épidermique envers cet auteur si particulier qu’est Céline. C’est vrai que son style est unique et peut rebuter beaucoup de lecteurs, même les plus acharnés. Cependant, je crois que “Voyage au bout de la nuit” est un excellent ouvrage (sans doute un des meilleurs de Céline) et qu’il te plaira car il y a des passages absolument drôles et très émouvants. Il ne faudrait pas que tu rejettes un auteur sur un simple livre non terminé, ce serait passer à côté d’une oeuvre riche, dense et très drôle.

  • 5. Lilie  |  14 janvier, 2008 at 11:18

    @ Nanne: Bienvenue! Tu as raison, je ne compte pas laisser tomber Céline, il sera de toute façon lu en 2008 si je tiens mon challenge :)

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