Rasante moustache!

13 juin, 2007

 

medium_la_moustache_affiche.jpgLa moustache

de Emmanuel Carrère

avec Emmanuelle Devos et Vincent Lindon (2005)

Pfff…. Quelle déception!

L’idée de départ m’avait semblée franchement intéressante:
” Qu’est-ce que tu dirais si je me rasais la moustache ? - Je ne sais pas. Je t’aime avec mais je t’ai jamais connu sans.” Allez hop, il décide de se lancer et de raser enfin cette moustache qu’il avait depuis toujours. Mais, chose étrange, personne ne semble le remarquer. Il s’interroge, s’énerve même, jusqu’à ce qu’on lui dise “Mais tu sais très bien que tu n’as jamais eu de moustache!”

Point de départ intriguant, seulement voilà, lorsqu’on écrit un scénario comme ça (adapté par ailleurs du roman de Carrère), il faut pouvoir y mettre quelquechose derrière, une explication, fantastique ou non, bref il faut trouver quelquechose. Eh bien non, le film avance (lentement !) et toujours pas une once d’explication, et pendant que Marc perd la boule de plus en plus, nous on s’agace car on sait très bien que la fin du film ne nous apportera rien de plus. Et c’est sans compter les grandes longueurs du film, sans doute volontaires pour créer un climat angoissant et faire monter la pression, mais qui nous font nous ennuyer ferme.

A travers cette étrange histoire de moustache, que diable veut raconter le cinéaste ? “Le problème, c’est qu’à cette question, je suis incapable de répondre”, confesse le réalisateur. (Eh bien c’est bien dommage!) “Le propre de cette histoire est que son sens échappe, à moi aussi bien qu’au lecteur du livre et maintenant au spectateur du film. C’était d’ailleurs amusant pendant le tournage, parce que tout le monde était persuadé que moi, je détenais le fin mot de l’histoire et en gardais délibérément le secret. J’avais beau dire que non, et que c’était même cette ignorance qui me permettait de la raconter, on ne me croyait pas. Ca me mettait un peu dans la posture du psychanalyste, dont le patient suppose qu’il sait la vérité dernière sur son désir. C’est faux, bien sûr, mais ça fait avancer”.

Voilà, c’était donc ça. Il n’y a pas d’explication, c’est ce que Carrère a souhaité. Mouais.. Un peu facile à mon goût. Je suis ressortie très déçue de ce film, et un peu gênée pour mes deux accolytes, peu enclins aux films français, que j’avais durement convaincus d’ “essayer pour une fois, un peu d’ouverture merde, il y a de très bons films français!” Un point positif tout de même: le jeu des acteurs, avec notamment un Vincent Lindon excellent , comme à son habitude.

Si je déconseille le film, vous pouvez peut-être vous lancer dans le roman, dont la fin est, paraît-il, très différente. Je ne l’ai pas lu, je ne le lirai pas, à vous de voir!

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