Emilie Simon, un parfum d’onirisme
12 juin, 2007
Laissons un peu les livres de côté… J’ai envie de vous parler d’une artiste que j’aime beaucoup, parce qu’elle est à part: Emilie Simon.
Ses trois albums sont un rêve, un voyage dans un monde étrange et poétique, où les sonorités électro, parfois rock, se mêlent magnifiquement à sa petite voix douce, acidulée et enchanteresse. Difficile de la décrire tant sa musique est particulière. Elle me fait parfois penser à Björk, mais en plus doux, plus sensuel, plus merveilleux. Puisque les mots sont difficiles à trouver, je vous laisse lire ceux des Inrocks à propos de son dernier album, Vegetal :
« Cette fille aux bras de lierre qui compose des bouquets de roses lui ressemble comme deux gouttes de rosée, elle qui crée ses adorables chansons tout en boutures et pétales en omettant d’ôter les épines, les laissant ensuite grandir et grimper seules dans la mémoire de l’auditeur. Parées de nouvelles tonalités plus chaudes, volontiers organiques et florissantes, ces nouvelles pièces a priori éparses constituent à l’arrivée un tableau vivant qu’on aurait tort de picorer dans le désordre. La musique-puzzle d’Emilie Simon a ceci de diabolique : comme les sables mouvants, elle n’énonce jamais d’emblée son degré de profondeur. […] Son ballet des saisons, éminemment onirique, soigne à la fois le décor et le détail, parfaite alliance de l’écorce (terrestre) et de la sève (rêveuse) : le printemps risque d’être plus tourmenté que prévu. »
Emilie n’est pas bien vieille: Elle naît à Montpellier en 1978, et va étudier le chant lyrique, la musique ancienne, l’électronique et enfin la musique contemporaine (rien que ça!). Elle s’essaie au jazz, au rock, pour finalement se tourner vers l’électro. Elle sait tout faire: auteur, compositeur, interprète, arrangeur… Respect.
J’ai beaucoup écouté ses 3 albums: Pas de meilleur, ils sont tous différents.
Elle débute avec un album éponyme, sorti en 2003. Il y a déjà de nombreuses petites merveilles dans ce premier essai, autres que Désert, diffusée sur les ondes mais qui selon moi est loin d’être la plus jolie de toutes: Lise et Flowers sont beaucoup plus enivrantes (enivrantes, voilà, c’est le mot!), ou encore To the dancers in the rain, que Luc Jacquet avait dû écouter avant de demander à Emilie de composer la musique de son documentaire La marche de l’empereur (elle y composera le titre “To the dancers in the ice“). A noter aussi: l’excellente reprise de I wanna be your dog, pari pourtant osé de s’attaquer à ce monument d’ Iggy Pop!
En 2005 sort donc son deuxième album, bande orginale du film La marche de l’empereur. Si je n’ai pas encore vu le film, la musique colle parfaitement à l’univers glacé des manchots et, à écouter les petites mélodies semées ça et là, on les imagine aussitôt se balader de leur démarche si drôle et attendrissante! L’abum mélange titres instrumentaux et chansons. Mon coup de coeur va pour All is white.
Vegetal sort en 2006. Quelle merveille, et comme il porte bien son nom! Il nous plonge dans un univers de fleurs et d’herbe, de fraîcheur et de douceur. Ce que j’aime chez Emilie Simon, c’est qu’elle allie parfaitement l’electro à la chanson française avec une touche de rock. C’est incomparable. Sweet blossom, fleur de saison, Rose hybride de thé… On ne sait plus lesquelles choisir.
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