L’homme aux cercles bleus, de Fred Vargas
1 juin, 2007
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“Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors?”
Après avoir découvert mon premier Vargas avec “Pars vite et reviens tard”, qui m’avait enchantée, je me suis jetée avec avidité sur le premier roman de la série du commissaire Adamsberg.
L’histoire: Depuis plusieurs mois, un étrange message, “Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors?”, accompagne des cercles bleus qui surgissent la nuit, tracés à la craie sur les trottoirs de Paris. Au centre de ces cercles, prisonniers, un débris, un objet perdu: trombone, bougie, pince à épiler, patte de pigeon…Le phénomène fait les délices des journalistes et de quelques psychiatres qui théorisent: un maniaque, un joueur.
Le commissaire Adamsberg, lui, ne rit pas. Ces cercles et leur contenu hétéroclite sont de mauvaise augure. Il le sait, il le sent: bientôt, de l’anodin saugrenu on passera au tragique. Il n’a pas tort. Un matin, c’est le cadavre d’une femme égorgée que l’on trouve au milieu d’un de ces cercles bleus.
(D’après la 4e de couverture).
Mon avis: Voici donc le premier roman dans lequel apparaissent les personnages atypiques et si attachants de Jean-Baptiste Adamsberg, commissaire rêveur et doté d’un instinct infaillible et désarmant, devinant les coupables sans l’ombre d’un argument rationnel (au désarroi de ses collaborateurs), et de Danglard, son fidèle lieutenant au contraire si réfléchi, surtout le matin lorsqu’il n’est pas encore noyé dans les brumes du vin blanc. Les personnages ne sont pas parfaits, ils peuvent être laids, ils ont des défauts et des faiblesses, ils sont même un peu salauds parfois, et voilà ce qui en fait tout l’intérêt.
Le point de départ de l’histoire m’a intriguée et amusée, quelle drôle d’idée que ces petits objets insolites laissés au milieu de grands cercles bleus dans les rues parisiennes. Des formes tracées un peu partout dans la capitale, une recette efficace que Vargas a d’ailleurs reprise dans “Pars vite et reviens tard”, ce qui m’a laissé une impression de déjà vu. Dommage, mais pas très grave.
L’histoire se déroule en un long fleuve tranquille, pas de grands rebondissements, l’enquête avance paisiblement. Un petit peu trop peut-être, mais qu’importe, on suit tout de même avec délice les aventures des deux compères et on attend la suite. Surtout, Fred Vargas a un grand talent d’écriture, et il s’agit là d’une qualité non négligeable, surtout dans un policier.
A lire donc, même si “L’homme aux cercles bleus” est à mon sens moins efficace et moins bien ficelé que “Pars vite et reviens tard”. Je suis chipoteuse sans doute, mais je n’ai pas pu m’empêcher de penser, au fur et à mesure qu’apparaissaient les cercles: Ces cercles, tracés dans la nuit, sont toujours découverts intacts le matin alors qu’ils sont faits de craie. Ces petits objets, bien légers pour certains, en restent à l’exact centre, jamais un petit coup de vent ne les a fait rouler… Etrange tout de même!
Voilà pourquoi je mets 4 étoiles pour Vargas cette fois: 3 pour l’intrigue policière et 5 pour l’écriture. En tout cas, ce n’est pas mon dernier Vargas!
L’homme aux cercles bleus (1996)
Disponible en poche chez J’ai Lu pour 5,60€.
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1.
MissM | 10 juin, 2007 at 3:25
Salut!!
Et bien à moi aussi, il m’a plu ce bouquin et peut être plus qu’à toi puisque je n’ai pas encore eu la chance de lire Pars vite et reviens tard…
Quant à se trouver pointilleuse, je dois avouer que moi-même je m’étais fait la réflexion(pour les objets qui ne bougent pas d’un millimètre) et je pense qu’on ne doit pas être les seules… mais bon puisque ça sert l’intrigue et que le résultat est bon, on passe outre!
Allez, gros bisous ma tite Lilie!