Le bal, de Irène Némirovsky

31 mai, 2007

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C’est le premier roman de Némirovsky que j’ai lu. Un tout petit bouquin, une petite centaine de pages, bien moins célèbre que David Golder ou Suite française, mais tout autant digne d’intérêt.

Le bal est, semble-t-il, le premier des trois romans que l’auteure ait écrit pour régler ses comptes avec sa mère. Les deux femmes se détestaient!

 

 

L’histoire: Récemment passés de la gêne à l’opulence, M. et Mme Kampf décident de donner un bal. Leur fille Antoinette, qui vient d’avoir quatorze ans, rêverait d’y assister. Mais Mme Kampf, peu soucieuse de présenter à ses admirateurs une fille déjà si grande, oppose un refus formel. Antoinette ne préméditera pas sa vengeance: elle l’accomplira d’un geste, dans un état second… Elle sera terrible. (4è de couverture).

 

Mon avis: Un livre merveilleux, rapide et incisif qui décrit les tourments de l’enfance avec une justesse rare. L’écriture est dure et tranchante. On plonge avec plaisir dans la tête de cette jeune fille rejetée par sa mère, bien trop occupée par son entrée dans le beau monde. Une claque incroyable pour l’époque. Irène Némirovsky écrit ici un soufflet terrible contre sa mère, petit roman écrit d’un jet entre deux chapitres d’un autre, largement puisé dans sa propre vie… Un livre d’un cynisme époustouflant et drôle! On suit avec délice les déconfitures de la famille Kampf, ces nouveaux riches installés désormais dans un grand appartement blanc. Pour exposer leur récente opulence à la face du monde, ils décident d’organiser un bal somptueux, qui doit signer l’apothéose de Rosine Kampf et l’assoir parmi la classe bourgeoise qu’elle convoite avec avidité. Bien entendu, les choses vont se passer autrement!

Au coeur de ce très court roman, on assiste au face-à-face impitoyable entre deux femmes: la mère et la fille, gamine boudeuse et capricieuse, reléguée dans la lingerie pour ne pas gâcher l’évènement. Sa vengeance, cruelle et perfide, est jouissive!

Irène Némirovsky fait preuve d’une impertinence folle pour l’époque (1930) et de beaucoup d’humour et d’ironie envers les classes bourgeoises. Un univers qu’elle connaît bien, étant issue d’une riche famille de financiers juifs, originaires de Russie. Malheureusement la seconde Guerre mondiale mettra un terme brutal à son brillant parcours: Elle mourra à Auschwitz, succombant au typhus.

 

Le bal se lit à vitesse folle, mais c’est un plaisir!

 

Le livre est dispo chez Grasset au prix de 6.90€.

Entry Filed under: France et pays francophones, Litt. contemporaine, Livres 4 étoiles ****, NEMIROVSKY Irène. .

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  • 1. Karine  |  13 mai, 2008 at 12:49

    C’est une auteure que je veux lire depuis un moment. Je note ce titre!

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